A de nombreuses reprises, j’ai pu lire et entendre ici et là, des personnes qui parlaient de risque et de danger. Malheureusement, il arrive parfois que ces termes sont assez mal usités et ne reflètent pas la réalité de la chose. C’est à cet effet que je me permets de faire un petit rappel des termes relatifs à la sécurité, en vulgarisant leurs définitions mais sans les dénaturer.

Le danger

Une définition simple serait de dire que le danger est « la propriété intrinsèque de nuire » d’un produit ou d’une machine.
Exemple : Un couteau est un danger, car sa propriété intrinsèque et de couper.

Le risque

Concernant ce terme, on pourrait dire que le risque est « la probabilité qu’un danger se réalise et provoque des dommages ».
Reprenons l’exemple de notre couteau ci-dessus : Un couteau est un danger, le fait de l’utiliser engendre une probabilité (grande ou petite suivant l’utilisation) de se couper (blessure = dommage).

Maintenant, imaginons que vous enfermez le couteau dans une armoire verrouillée à clé et que vous jetez cette même clé à la mer. Le danger sera toujours présent, car le couteau est à l’intérieur de l’armoire, mais vous aurez grandement réduit le risque de vous couper avec ce couteau. On peut dire que vous avez éliminé ou réduit le risque à la source.

Je dis « réduit » car le risque zéro n’existe pas. Dans notre exemple, si quelqu’un défonce l’armoire à la masse, et que vous vous trouvez en face, il n’est pas impossible que le couteau soit éjecté et qu’il vous coupe. Oui, c’est assez tiré par les cheveux, mais cet exemple est là pour bien vous signifier qu’il y a toujours un risque non nul.

Le facteur de risque

Cette notion est assez peu connue et pourtant, elle joue un rôle essentiel dans l’apparition d’accident. Le facteur de risque pourrait se définir comme « une composante du danger et déterminant le risque ». Pour être clair, un facteur de risque est une action ou comportement qui va augmenter significativement la probabilité de survenance d’un accident.

Reprenons une nouvelle fois notre exemple du couteau : Un couteau est un danger, l’utiliser est prendre le risque de se couper, et si en plus vous jonglez avec ce dernier (comportement à risque = facteur de risque), vous augmenterez la probabilité de vous couper.

Pour vous donner un exemple en relation avec notre passion du travail du bois, une scie circulaire est un danger, le fait de l’utiliser engendre un risque de vous couper (souvent une blessure grave), et si en plus vous n’êtes pas concentré / faites le pitre voire ne suivez pas les préconisations du constructeur, vous augmenterez vos chances d’avoir un accident.

Comment éviter les dangers et les risques ?

Tout d’abord, je dois être honnête avec vous, il est extrêmement difficile d’éviter totalement les dangers et les risques, par contre, il est tout à faire pensable de les réduire au maximum afin de ne pas subir de grave conséquence.

La première chose à faire est d’identifier les dangers. Concrètement, avant de travailler le bois, réfléchissez au matériel (outils à main ou électriques) que vous allez utiliser.
Exemple : Pour votre tâche du jour, vous allez devoir utiliser une scie sous table puis une scie sauteuse filaire.



La deuxième chose à faire est de définir et de déterminer les risques liés à l’utilisation du matériel en question.
– Utilisation de la scie sous table : Risque de coupure, risque de déchaussement du disque si mal fixé, risque électrique, risque de brûlure, risque de kick-back (pièce de bois qui est projetée en arrière), etc.
– Utilisation de la scie sauteuse filaire : Risque de coupure, risque d’explosion de la lame (si mal adaptée à la dureté du bois), risque électrique (si fil dénudé ou matériel non contrôlé), etc.

Enfin, la troisième chose à faire sera d’évaluer les risques, vous serez ainsi en mesure de choisir les bons E.P.I (équipements de protection individuelle).
Exemple pour le risque de coupure : Ai-je à disposition des gants anti-coupure ? Sont-ils en bon état ?

Exemple pour le risque de kick-back : Est-ce que le couteau diviseur est bien mis en place sur la scie sous table ? Ai-je bien placé des peignes de maintien de la pièce de bois ? etc.

Conclusion

Je n’irai pas plus loin dans cet article puisque le but premier était de revenir sur ces notions de sécurité souvent mal comprises ou mal interprétées. Dans un prochain article, je vous expliquerai comment faire une analyse des risques sur une situation de travail du bois. En attendant, soyez prudent en atelier !

Bonus

Je vous invite à visionner la vidéo de Laurent Jacquet de la chaine LJVS qui revient sur son accident (coupure profonde au pouce) lors de l’utilisation d’une scie circulaire plongeante. L’analyse est pertinente et devrait par la même occasion vous sensibiliser aux risques que vous encourez lors du travail du bois.